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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 14:25

Hannah Arendt. Cette intellectuelle juive allemande (philosophe? historienne? théoricienne de la politique?) fait du totalitarisme un concept qui permet de comprendre le XXème siècle.

Fuyant le nazisme, elle se retrouve en France dés 1933 puis aux Etats-Unis en 1941. Devenue américaine, elle est reconnue comme un des esprits les plus brillants de son époque. Le film qui porte son nom ne couvre pas l'ensemble de sa vie (seuls quelques flash-back évoquent sa rencontre avec Martin Heidegger, leur passion puis leur réconciliation en 1950).

 

L'histoire. Elle commence en 1960 avec l'enlèvement d'Adolf Eichmann par le Mossad après que ce responsable nazi, ayant fui le procès de Nuremberg, se soit réfugié en Argentine. La philosophe souhaite assister au procès et propose ses services au New Yorker. En avril 1961, elle est donc chargée de suivre les audiences à Jérusalem. Les premiers articles se font attendre contrairement aux vives réactions et controverses qu'ils susciteront dés leur publication. "La banalité du mal" en lien avec le totalitarisme apparaît sous sa plume. 

 

Bref, ce film s'avère à la fois passionnant et éclairant, il permet d'appréhender l'oeuvre complexe d'Hannah Arendt tout en traversant les années 60 du côté américain. A voir absolument car il donne l'envi de s'attaquer à un pavé: Hannah Arendt et Martin Heidegger, Histoire d'un amour, 2009.

 

Sortie en 2013, ce film est réalisé par Margarethe Von Trotta.

Durée: 1 h 53.

Barbara Sukowa joue le rôle de la philosophe.

 

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  Life's too good !

Hannah Arendt
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 20:52

En survolant assez librement la vie de Pablo Picasso, le film réalisé par Fernando Colomo évoque l'enlèvement de la Joconde. Le tableau de Léonard de Vinci va ainsi disparaître durant deux longues années au cours desquelles l'enquête livrera des anecdotes rocambolesques. Depuis Mona Lisa n'en finit plus de défrayer la chronique, elle qui est sans nulle doute devenue la femme la plus célèbre du monde.

 

L'histoire. La Belle époque. Paris, Ville Lumière, attire les artistes. Pablo Picasso, Manolo Hugué, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, George Braque, Henri Matisse, Gertrude Stein, Fernande Olivier et Marie Laurencin se retrouvent au cœur de l'histoire des arts, entre fauvisme et cubisme, entre amitiés et rivalités.

En 1911 survient ce vol de la Joconde. Fernando Colomo nous raconte à sa manière ce fait divers incroyable. Guillaume Apollinaire, jadis entouré par "le baron" un mythomane voleur de statuette, se retrouve incarcéré en tant que principal accusé.

 

Bref, ce vol et l'enquête qui s'ensuit ne pouvaient que nous donner un film, lequel a le mérite de susciter la curiosité. De fil en aiguille, on découvre l'existence d'un ouvrage écrit par l'historien Jean-Yves Le Naour, Qui a volé la Joconde? ayant lui-même inspiré une bande-dessiné Le Vol de la Joconde.

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 23:09

Pablo Berger. En 1988, il se lance dans le cinéma par le biais du court-métrage. En 2006, un projet de film muet est lancé mais Blancanieves mettra sept ans à voir le jour. Ce chef d'oeuvre qui fait de lui un réalisateur génial et reconnu représente une invitation indéclinable à voir ses premiers films. En fouillant dans les archives, il faut se résoudre à l'évidence, ce réalisateur s'avère aussi rare qu'original. Son premier long métrage s'intitule Torremolinos 73. Le lieu, l'année. Tout semble être dit à travers ce titre. On pense alors que Pablo Berger se révèle un personnage nostalgique qui veut nous conduire sur les lieux de ses premières vacances... On commence, avant même d'avoir vu le film, à en parler à des collègues qui vont régulièrement en Espagne. Certains esquissent un sourire, ce qui laisse augurer un film drôle et léger.

 

L'Histoire. Torremolinos 73. Cette comédie déroutante se déroule dans une Espagne toujours franquiste et puritaine.

Dans cette société, il ne fait pas bon vendre porte à porte des encyclopédies.  Alfredo Lopez en fait l'amère expérience, lui qui vit avec Carmen. Sa femme veut des enfants mais leur situation précaire freine ses envies de paternité.  Afin de surmonter la baisse irrémédiable des ventes à domicile, les Editions Montoya trouvent une solution jugée novatrice. Elles souhaitent constituer une encyclopédie sur les modes de reproduction à travers le monde. Elle propose donc à ses vendeurs de contribuer à son élaboration en les équipant de caméra super-8... Après une longue nuit d'hésitation, Alfredo qui voit ses collègues quitter le séminaire décide de s'engager avec Carmen dans cette aventure pour le moins burlesque mais correctement récompensée d'un point de vue financier.  Ce projet se révèle être une aubaine pour le couple économiquement fragile et menacé d'expulsion, d'autant que le stage, conduit par "un ancien proche de Bergman", semble passionner Alfredo.

S'ensuivent les premières scènes tournées par le couple, vite remarquées en Scandinavie. Alfredo se met alors à rêver de cinéma. Il écrit son premier vrai scénario qui est accepté par son "producteur" (le patron des encyclopédies reconverti dans les films "scientifiques"). Le tournage qui rappelle ceux d'Ed Wood se termine par des changements liés à la volonté du producteur... 

 

Bref, ce film dans le film raconte une histoire vraie, celle de Carmen et d'Alfredo. Leur Torremolinos 73 sera peu vue en Espagne mais deviendra culte en Scandinavie.

A son tour, en 2003, Pablo Berger connaîtra un succès inattendu. Film en apparence léger, il évoque en réalité une véritable histoire d'amour entre Alfredo, artiste qui souhaite réaliser son film, et Carmen, sa femme qui veut ardemment un enfant. On trouve de multiples références cinématographiques et également quelques scènes en noir et blanc, prémices d'un chef d'oeuvre à venir...

 

Film de Pablo Berger (Espagne, 2003). 90 mn. Avec Javier Cámara, Mads Mikkelsen, Candela Peña.

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 17:34
Blancanieves

Après Torremolinos 73, le réalisateur Pablo Berger fait une nouvelle fois preuve d'originalité avec Blancanieves. Tournée en noir et blanc, version muette, cette Blanche-Neige nous entraîne dans l'Espagne des années 20 et le milieu de la tauromachie. 

 

L'histoire. Carmen, enceinte, se rend dans le colossal de Séville afin de voir son glorieux mari toréer. Le drame survient, le taureau l'emporte tandis qu'elle meurt lors de l'accouchement. Le matador traumatisé et brisé se détourne alors de son bébé, puis se console avec son infirmière, une véritable sorcière, qui l'emprisonne dans le mariage. 

La petite Carmen grandit alors chez sa grand-mère. La mort de cette dernière contraint sa belle-mère à l'accueillir. Commencent alors les années terribles passées sous le même toit que son père, lui-même humilié et cantonné au troisième étage de la maison. Les sévices s'enchaînent. Après la mort de son père, elle échappe de peu à un assassinat orchestré par la sorcière. Amnésique, elle est sauvée par une troupe de nains toreros. 

 

Bref, ce conte fantastique revisite à sa façon le mythe, œdipien ou pas. Le passage de l'enfance à l'âge adulte, la passion amoureuse, la jalousie et la mort sont esthétisés et appréhendés à travers de multiples références, Buñuel et compagnie. Film à voir absolument. Chef d'œuvre. 

 

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  Life's too good 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 13:52

Wadjda. Il s'agit d'un film saoudien, ce qui pour commencer s'avère loin d'être commun. Initiée par une réalisatrice Haifaa al-Mansour... Ici, une relecture s'impose et l'évidence accompagne ce bijou cinématographique. Le vent se lève?  Une Révolution des esprits se met en marche.

 

 

 

L'histoire. Une jeune fille écoute du Rock et se plaît en Converse. L'école constitue son quotidien mais la discipline, rétrograde à ses yeux, l'empêche de s'y exprimer pleinement. Elle revit quand elle sort, le long trajet qui la sépare de chez elle lui fait côtoyer Abdallah, un jeune voisin. Comme tous les garçons, il possède un vélo, elle en veut un pour faire la course et le battre.

Wadjda est déterminée malgré un contexte mouvementé. Sa mère voit son père s'éloigner, sa condition se précariser. La petite fille poursuit pourtant sa lutte et la quête de cette bicyclette. Elle s'inscrit au concours de récitation coranique dont la dotation lui permettrait d'acquérir son vélo, symbole du lien entre la comptine enfantine et ce long chemin vers l'équité ici emprunté par les femmes.

Avec cette amitié naissante à la sortie de l'enfance se trame une histoire, un miroir de la condition féminine saoudienne. On perçoit une grande retenue dans la façon de dire et de filmer. De cette contrainte naît ce chef d'œuvre ciselé tout en finesse et brillamment teinté d'espoir.

 

Bref, rarement le non-dit devient si clair et subtile au point d'afficher un message sublime, autant puissant que délicat. A voir absolument.

 

 

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  Life's too go

Wadjda
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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 10:16

Après  Broken Flowers en 2005,

 

Little Miss Sunshine, Indigènes, C.R.A.Z.Y. , Romanzo Criminale en 2006,  


 Persépolis, De l'autre côté, Lust, Caution, 

La graine et le mulet ou encore La visite de la Fanfare en 2007, 

 

Into the Wild , Les citronniers ou There will be blood en 2008, 

 

Tetro, Looking for Eric, Slumdog millionnaire ou Le Ruban blanc en 2009,

 

Dans ses yeux, Gainsbourg, vie héroïque, A serious man 

et Tamara drew en 2010,

 

Le Chat du Rabbin, Le Havre, Habemus Papam et Une séparation en 2011

 

To Rome with Love en 2012

 

 

 

NOUS AVONS PU reVOIR,  l'autre soir,

 

 

 

La vie des autres

 

 

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Question régime totalitaire, Charlie Chaplin dans Le Dictateur nous offre des moments d'anthologie. Dans un style radicalement différent mais tout autant efficace, La vie des autres permet de cerner les caractéristiques de ces systèmes politiques où la propagande, la terreur et la déshumanisation (pour les victimes mais aussi pour les tenants du régime) atteignent leur paroxysme.

 

L'Histoire. La RDA version moins comique que Good Bye Lénine! Début des années 80, un auteur à succès, Georg Dreyman, et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont mis sous surveillance.

Wiesler, l'agent secret, membre de la STASI, se veut le maître des sentiments humains qu'il croît pouvoir contrôler. Il s'oppose avec force et conviction aux passeurs vers l'Ouest, "des lâches ou des traîtres" selon lui.

 

Côté spectateur, Wiesler s'affirme comme le personnage central. On voit basculer sa propre vie, ses certitudes deviennent des doutes, ses sentiments mécanisés se muent en une passion peu ordinaire.

Bref, on se retrouve embarqué dans une analyse remarquable d'un individu et d'une société fragilisée, en proie au malaise.

 

 


 
 

 

 

Ce film fonctionne, fait réfléchir et nous oblige à agir. L'Histoire n'est pas très belle mais si nous souhaitons la voir appartenir au passé, il faut l'avouer, cette lutte n'en finit-elle pas de commencer? Voir ce film est une autre manière de participer à ce combat pour la liberté. Indispensable et salvateur.

Etudier l'Histoire, appréhender le passé (et donc le présent et l'avenir) et à l'arrivée se dire: "ce qui fait le plus peur, ce n'est pas l'avenir mais le passé!" Comme pour mieux prendre le contrepied de la fatalité.

 

 

 

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  Life's too good !

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 13:24
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 08:10

Dorénavant, pour se rendre au Havre, vous allez devoir sérieusement revoir vos plans, remiser vos cartes ou autres GPS.

Il existe un moyen plus loufoque, plus burlesque pour arriver dans cette ville détruite, reconstruite, adorée, détestée. Le port que l'on vous propose est cinématographique, les acteurs y jouent parfaitement  des personnages d'un autre espace-temps, les Renault 20 y sont plus que jamais en vogue et les bateaux de pêche voyagent vers la liberté.

 

 

Ce Film, ce chef d'oeuvre antithétique de l'industrie et du commerce filmographiques, nous fait le récit de la vie de Marcel Marx, un exilé volontaire, cireur de chaussures, au Havre. Son existence l'a conduit là, au renoncement de son oeuvre littéraire et au rapprochement du peuple si impopulaire dans les milieux bourgeois. Il vit avec Arletty et au beau milieu de tous ses copains de bistrots. Bref, une sorte de routine s'installe, la maladie de sa femme aimée et aimante ainsi que le débarquement d'un jeune Africain, simplement épris lui-aussi de liberté, vont changer les données.

 

Ce conte montre que les idées liées au partage et à l'altruisme présentent un côté certes désuet mais tellement envoûtant qu'elles en deviennent, avec évidence, essentielles.

 

Prix Louis-Delluc 2011.

 

 

 

 

  Un film de Aki Kaurismäki avec André Wilms, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin, etc.

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 23:01

Le petit blond avec un mouton blanc ... 

 

 

 

 

Réalisé par Eloi Henriod (Metronomic). ce court-métrage adapté de la BD du même nom écrite par Pierre Richard et illustrée par Gwendal Le Bec, se laisse savourer comme un dessert, celui qui serait notre préféré. L'imagination qui découle de cette dégustation nous emporte loin des contrées du quotidien.

Petit moment spécial qui vient directement des souvenirs d'enfance du comédien atypique. Les dessins minimalistes, la grand-mère distraite (on comprend mieux le personnage de Pierre Richard) et le monde poétiquement décrit donnent des envies d'écrire... et pas seulement ses vacances.

 

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L'Histoire. Sur fond de rentrée des classes, Pierre, le petit blond, transforme le temps trop fastidieux de la rédaction (vous vous rappelez, celle où on vous demande de raconter ses vacances) en magnifique évasion en compagnie de son mouton et de son perroquet.

 

A voir absolument. Vous pouvez compter les moutons et les perroquets, le film trop court ne permet pas de s'échapper ni même de ronfler.

"Allez, hop, au boulot!"

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 06:46

L'Histoire. A Liverpool, une jeune fille s'apprête à enterrer son grand-père. Elle trouve alors un trésor familial. Des documents laissés par le défunt dévoilent son implication pendant la guerre civile espagnole dans les rangs républicains.

 

Land and freedom

 

David, le grand-père décédé, s'est engagé sans s'en vanter par la suite dans le Parti Ouvrier d'Unification Marxiste. Ce petit groupe cosmopolite  devient ici le minuscule trou de la serrure qui permet de cerner l'invariant et de comprendre les mots simples: l'engagement pour des idées, la conviction et l'envie de militer. Le film qui ne cherche pas à donner une leçon d'histoire s'attache plutôt à sublimer les pensées universelles tout en servant l'art cinématographique. 

La lutte qui nous est montrée laisse entrevoir les principaux enjeux des années Trente mais le cinéaste se concentre sur les membres du POUM et leurs divergences avec les Staliniens. Ces derniers s'opposent à leur volonté de déclencher une Révolution afin de contrer le fascisme. En quête de crédibilité auprès des autres grandes puissances, le dictateur soviétique transformera les Poumistes en Trotskystes (ce qui signifie dans le contexte de cette guerre civile des traîtres) ou même en agents de Franco.


Bref, avec Land and Freedom, Ken Loach nous offre un sublime hymne à l'engagement sans toutefois occulter ses éventuels revers comme l'écoeurement, le renoncement ou encore la mort.

Si vous n'avez pas le temps, voyez-le en coup de vent, absolument. Ce film est un bijoux, un chef d'œuvre.

 

 

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