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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 12:48

 Si vous traversez en ce moment même un désert littéraire, si par hasard l'envie de lire vous échappe, cette bande-dessinée se révèle être faite pour vous. Les quelques trois cents planches se dévorent très facilement tout en permettant de traverser le XVIIIème siècle et plus particulièrement la Révolution française.

   Catel et Bocquet, les auteurs, ont ainsi largement contribué à diffuser et à réhabiliter la vie et l'œuvre d'Olympe de Gouges.

 

 

   L'Histoire. Milieu du XVIIIème siècle. Montauban. Naissance de Marie Gouze. En 1770, cette belle et jeune femme rejoint sa sœur à Paris. En se consacrant à la littérature (comme l'auteur de Didon, son présupposé père naturel?), elle poursuit une vie placée sous le sens de la liberté et de la lutte. Devenue Olympe de Gouges, elle combat l'esclavage en écrivant des pièces de théâtre et des pamphlets.

   La Révolution survient. Olympe de Gouges en profite pour affirmer ses engagements et son indépendance. En 1791, décidée à défendre "le sexe malheureux", elle rédige une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

   Ne dissimulant plus son aversion pour la Terreur et la personne de Robespierre, Olympe de Gouges est arrêtée puis guillotinée en novembre 1793.

 

   Bref, sa biographie ne nécessite pas beaucoup de modifications ou d'artifices littéraires pour devenir un roman passionnant.

   Par ailleurs, les auteurs viennent ici exaucer les derniers vœux de cette femme qui au moment de mourir a souhaité que son action en faveur des femmes ne soit pas oubliée. Cette bande-dessinée s'avère aussi un excellent moyen d'offrir à notre héroïne la plus passionnante des tribunes, de celles qu'elle revendiquait  à travers l'article 10 de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne: "La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune".

  Autant dire que cette oeuvre donne l'envie de se plonger dans la lecture de Kiki de Montparnasse et de Ainsi soit Benoîte Groult.

 

 

 

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 14:25

Hannah Arendt. Cette intellectuelle juive allemande (philosophe? historienne? théoricienne de la politique?) fait du totalitarisme un concept qui permet de comprendre le XXème siècle.

Fuyant le nazisme, elle se retrouve en France dés 1933 puis aux Etats-Unis en 1941. Devenue américaine, elle est reconnue comme un des esprits les plus brillants de son époque. Le film qui porte son nom ne couvre pas l'ensemble de sa vie (seuls quelques flash-back évoquent sa rencontre avec Martin Heidegger, leur passion puis leur réconciliation en 1950).

 

L'histoire. Elle commence en 1960 avec l'enlèvement d'Adolf Eichmann par le Mossad après que ce responsable nazi, ayant fui le procès de Nuremberg, se soit réfugié en Argentine. La philosophe souhaite assister au procès et propose ses services au New Yorker. En avril 1961, elle est donc chargée de suivre les audiences à Jérusalem. Les premiers articles se font attendre contrairement aux vives réactions et controverses qu'ils susciteront dés leur publication. "La banalité du mal" en lien avec le totalitarisme apparaît sous sa plume. 

 

Bref, ce film s'avère à la fois passionnant et éclairant, il permet d'appréhender l'oeuvre complexe d'Hannah Arendt tout en traversant les années 60 du côté américain. A voir absolument car il donne l'envi de s'attaquer à un pavé: Hannah Arendt et Martin Heidegger, Histoire d'un amour, 2009.

 

Sortie en 2013, ce film est réalisé par Margarethe Von Trotta.

Durée: 1 h 53.

Barbara Sukowa joue le rôle de la philosophe.

 

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Hannah Arendt
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 20:52

En survolant assez librement la vie de Pablo Picasso, le film réalisé par Fernando Colomo évoque l'enlèvement de la Joconde. Le tableau de Léonard de Vinci va ainsi disparaître durant deux longues années au cours desquelles l'enquête livrera des anecdotes rocambolesques. Depuis Mona Lisa n'en finit plus de défrayer la chronique, elle qui est sans nulle doute devenue la femme la plus célèbre du monde.

 

L'histoire. La Belle époque. Paris, Ville Lumière, attire les artistes. Pablo Picasso, Manolo Hugué, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, George Braque, Henri Matisse, Gertrude Stein, Fernande Olivier et Marie Laurencin se retrouvent au cœur de l'histoire des arts, entre fauvisme et cubisme, entre amitiés et rivalités.

En 1911 survient ce vol de la Joconde. Fernando Colomo nous raconte à sa manière ce fait divers incroyable. Guillaume Apollinaire, jadis entouré par "le baron" un mythomane voleur de statuette, se retrouve incarcéré en tant que principal accusé.

 

Bref, ce vol et l'enquête qui s'ensuit ne pouvaient que nous donner un film, lequel a le mérite de susciter la curiosité. De fil en aiguille, on découvre l'existence d'un ouvrage écrit par l'historien Jean-Yves Le Naour, Qui a volé la Joconde? ayant lui-même inspiré une bande-dessiné Le Vol de la Joconde.

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 23:09

Pablo Berger. En 1988, il se lance dans le cinéma par le biais du court-métrage. En 2006, un projet de film muet est lancé mais Blancanieves mettra sept ans à voir le jour. Ce chef d'oeuvre qui fait de lui un réalisateur génial et reconnu représente une invitation indéclinable à voir ses premiers films. En fouillant dans les archives, il faut se résoudre à l'évidence, ce réalisateur s'avère aussi rare qu'original. Son premier long métrage s'intitule Torremolinos 73. Le lieu, l'année. Tout semble être dit à travers ce titre. On pense alors que Pablo Berger se révèle un personnage nostalgique qui veut nous conduire sur les lieux de ses premières vacances... On commence, avant même d'avoir vu le film, à en parler à des collègues qui vont régulièrement en Espagne. Certains esquissent un sourire, ce qui laisse augurer un film drôle et léger.

 

L'Histoire. Torremolinos 73. Cette comédie déroutante se déroule dans une Espagne toujours franquiste et puritaine.

Dans cette société, il ne fait pas bon vendre porte à porte des encyclopédies.  Alfredo Lopez en fait l'amère expérience, lui qui vit avec Carmen. Sa femme veut des enfants mais leur situation précaire freine ses envies de paternité.  Afin de surmonter la baisse irrémédiable des ventes à domicile, les Editions Montoya trouvent une solution jugée novatrice. Elles souhaitent constituer une encyclopédie sur les modes de reproduction à travers le monde. Elle propose donc à ses vendeurs de contribuer à son élaboration en les équipant de caméra super-8... Après une longue nuit d'hésitation, Alfredo qui voit ses collègues quitter le séminaire décide de s'engager avec Carmen dans cette aventure pour le moins burlesque mais correctement récompensée d'un point de vue financier.  Ce projet se révèle être une aubaine pour le couple économiquement fragile et menacé d'expulsion, d'autant que le stage, conduit par "un ancien proche de Bergman", semble passionner Alfredo.

S'ensuivent les premières scènes tournées par le couple, vite remarquées en Scandinavie. Alfredo se met alors à rêver de cinéma. Il écrit son premier vrai scénario qui est accepté par son "producteur" (le patron des encyclopédies reconverti dans les films "scientifiques"). Le tournage qui rappelle ceux d'Ed Wood se termine par des changements liés à la volonté du producteur... 

 

Bref, ce film dans le film raconte une histoire vraie, celle de Carmen et d'Alfredo. Leur Torremolinos 73 sera peu vue en Espagne mais deviendra culte en Scandinavie.

A son tour, en 2003, Pablo Berger connaîtra un succès inattendu. Film en apparence léger, il évoque en réalité une véritable histoire d'amour entre Alfredo, artiste qui souhaite réaliser son film, et Carmen, sa femme qui veut ardemment un enfant. On trouve de multiples références cinématographiques et également quelques scènes en noir et blanc, prémices d'un chef d'oeuvre à venir...

 

Film de Pablo Berger (Espagne, 2003). 90 mn. Avec Javier Cámara, Mads Mikkelsen, Candela Peña.

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 17:34
Blancanieves

Après Torremolinos 73, le réalisateur Pablo Berger fait une nouvelle fois preuve d'originalité avec Blancanieves. Tournée en noir et blanc, version muette, cette Blanche-Neige nous entraîne dans l'Espagne des années 20 et le milieu de la tauromachie. 

 

L'histoire. Carmen, enceinte, se rend dans le colossal de Séville afin de voir son glorieux mari toréer. Le drame survient, le taureau l'emporte tandis qu'elle meurt lors de l'accouchement. Le matador traumatisé et brisé se détourne alors de son bébé, puis se console avec son infirmière, une véritable sorcière, qui l'emprisonne dans le mariage. 

La petite Carmen grandit alors chez sa grand-mère. La mort de cette dernière contraint sa belle-mère à l'accueillir. Commencent alors les années terribles passées sous le même toit que son père, lui-même humilié et cantonné au troisième étage de la maison. Les sévices s'enchaînent. Après la mort de son père, elle échappe de peu à un assassinat orchestré par la sorcière. Amnésique, elle est sauvée par une troupe de nains toreros. 

 

Bref, ce conte fantastique revisite à sa façon le mythe, œdipien ou pas. Le passage de l'enfance à l'âge adulte, la passion amoureuse, la jalousie et la mort sont esthétisés et appréhendés à travers de multiples références, Buñuel et compagnie. Film à voir absolument. Chef d'œuvre. 

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 13:52

Wadjda. Il s'agit d'un film saoudien, ce qui pour commencer s'avère loin d'être commun. Initiée par une réalisatrice Haifaa al-Mansour... Ici, une relecture s'impose et l'évidence accompagne ce bijou cinématographique. Le vent se lève?  Une Révolution des esprits se met en marche.

 

 

 

L'histoire. Une jeune fille écoute du Rock et se plaît en Converse. L'école constitue son quotidien mais la discipline, rétrograde à ses yeux, l'empêche de s'y exprimer pleinement. Elle revit quand elle sort, le long trajet qui la sépare de chez elle lui fait côtoyer Abdallah, un jeune voisin. Comme tous les garçons, il possède un vélo, elle en veut un pour faire la course et le battre.

Wadjda est déterminée malgré un contexte mouvementé. Sa mère voit son père s'éloigner, sa condition se précariser. La petite fille poursuit pourtant sa lutte et la quête de cette bicyclette. Elle s'inscrit au concours de récitation coranique dont la dotation lui permettrait d'acquérir son vélo, symbole du lien entre la comptine enfantine et ce long chemin vers l'équité ici emprunté par les femmes.

Avec cette amitié naissante à la sortie de l'enfance se trame une histoire, un miroir de la condition féminine saoudienne. On perçoit une grande retenue dans la façon de dire et de filmer. De cette contrainte naît ce chef d'œuvre ciselé tout en finesse et brillamment teinté d'espoir.

 

Bref, rarement le non-dit devient si clair et subtile au point d'afficher un message sublime, autant puissant que délicat. A voir absolument.

 

 

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Wadjda
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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 16:44

Quelle histoire. Comme son titre ne l'indique pas forcément, cet ouvrage nous livre une version de la Première Guerre mondiale mais aussi une approche originale du XXème siècle. L'auteur, Stéphane Audoin-Rouzeau, se trouve être un historien spécialiste de la Grande Guerre, largement reconnu par ses pairs et les lecteurs de ses nombreux ouvrages.

Il fait partie de ses chercheurs ayant travaillé sur la violence de masse, la déshumanisation ou encore la haine de l'ennemi. En 2000, en publiant Retrouver la guerre, il tente de freiner la fièvre commémorative qui, paradoxalement, fait occulter des questions essentielles comme les poilus ont-ils agi sous la contrainte ou de manière consentie?

 

En 2013, à l'aube du centenaire et de sa médiatisation, Stéphane Audoin-Rouzeau nous invite à l'universel en passant par l'intime. La question de la fonction de l'histoire est posée tout comme celle de sa construction et de ses enjeux.

En interrogeant son passé familial, en restituant la figure de ses grands-pères combattants de la grande Guerre, en faisant défiler la vie de son père et en les reliant à sa propre existence, l'auteur démontre la filiation entre des événements passés, présents et futurs.

 

La figure de Robert, le grand-père affaibli, traumatisé et déchu; la désinvolture de Philippe, le père, à l'égard des souvenirs belliqueux et la recherche historique entamée par le petit-fils loin des contrées familiales et qui semblent s'achever par ce magnifique récit si proche de l'intime... tout semble dire à quel point toutes nos histoires familiales sont en partie déterminées par la guerre 14-18, la matrice du siècle de fer? Tout semble dire à quel point l'Historien part, sans véritablement le savoir, à la recherche de lui-même.

 

Stéphane Audoin-Rouzeau, Quelle histoire, Un récit de filiation (1914-2014), Hautes études, EHESS, Gallimard, Seuil, 2013.

 

http://www.telerama.fr/livres/quelle-histoire-un-recit-de-filiation-1914-2014,103292.php

 

texte de marc Dugain /mon-grand-pere-ce-poilu

 

 

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 15:20

Jean-Paul Kauffmann, "Remonter la Marne" ?... 

 

Jean-Paul Kauffmann? l'ancien journaliste qui habite Corps-Nuds, une charmante bourgade du pays gallo voisine de Nouvoitou, connue pour son église au style néo-byzantin? ... Jean-Paul Kauffmann? l'ancien otage du Liban?

Une chose se révèle certaine, ce journaliste devenu écrivain cherche à nous faire remonter le cours de la Marne. De Charenton-le-Pont jusqu'au plateau de Langres, 525 kilomètres de méandres, de calme en apparence. Il passera dans des lieux qui me sont devenus l'espace d'une décennie familiers. Sur le présentoir de la librairie, ce bouquin avec la photographie de Gérard Rondeau, invite à la lecture, à la découverte mais aussi au(x) voyage(s).

Outre le fait que Jean-Paul Kauffmann fasse partie de toutes les familles françaises, qu'il le veuille ou non, outre le choix de la Marne qui forcément m'attire, l'idée de l'écrivain m'apparaît géniale. Remonter la rivière. Idée enfantine peut-être. Elle donne l'envi d'en savoir plus, d'appréhender l'espace français, son histoire ou encore ses paysages, à travers les déambulations hydriques, qui plus est à contre-courant, loin des sentiers battus. Se rapprocher de l'essentiel. S'en délester également (du moins de l'essentiel au sens contemporain, le tumulte des médias et les informations brûlantes et anxiogènes aussi vite oubliées qu'annoncées, le téléphone portable, etc.).

L'écrivain charge son sac à dos de quelques cartes, cigares, livres et d'une boussole. Il part aussi avec des jumelles qui seront vite exclues de cette liste des choses essentielles. L'objectif reste d'arriver au bout, c'est-à-dire à la source, sans se préoccuper de tout trop planifier, sans réserver. Charenton-le-Pont, Joinville-le-Pont, Champigny, la banlieue qui défile lentement, qui prend fin non loin de Noisiel et Lagny-sur-Marne, Pomponne et Dampmart. La suite se déroule vers Meaux, Vitry-le-François ou encore Saint-Dizier. Entre petits hôtels, chambres d'amis, bonnes ou mauvaises surprises gastronomiques. Entre souvenirs d'écrivains, de gens connus, de Bossuet à Francis Ponge, de l'Antiquité jusqu'à nos jours, nous traversons une France tantôt verte et créatrice, parfois en conflit, tantôt grise et en déprise.

Les bulles du Dom Pérignon forment l'invariant.

La quête religieuse relie aussi dans l'esprit de l'auteur les générations de cette contrée plus oubliée qu'éloignée du centre parisien... Remonter la Marne n'est pas encore le pèlerinage de Compostelle et le tourisme peine à s'y faire une place, la solitude parfois interrompue par les conjurateurs guide donc les pas et surtout les consciences des gens qui ont bien voulu suivre Jean-Paul Kauffman à travers les pages de ce livre.

 

A lire sans modération.

 

 

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 18:28
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 13:31
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