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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 08:52

   Lorsqu'un musée d'Art contemporain achète Zidane, Un portrait du XXIème siècle, quand Nicolas de Staël peint Parc des Princes (les grands joueurs) ou les écrivains s'échinent à représenter Ronaldo, le Brésilien, comme un Bouddha, le football devient un art, officiellement.


   Sur le terrain, une magie quasi hypnotique continue d'opérer.

   Comme dans le reste de la société, les dérives se révèlent multiples et inacceptables : le dopage, le blanchiment d'argent, l'exploitation des enfants ou encore les matchs truqués doivent être combattus avec force.

   Comme dans le reste de la société, les envies de vivre et de créer finissent par l'emporter, nous occultons plus ou moins facilement les dérives. Chacun se voit s'enflammer pour un but, un arrêt de gardien ou un contrôle orienté suivi d'une passe millimétrée et décisive.

 

   Le match, le drame de Séville, le France-RFA de juillet 1982, restera dans les mémoires comme un des matchs du siècle.

 

 

Résumé du match RFA - FRANCE, Séville, 1982

 

 

    Dans de nombreux romans, la demi-finale de Séville est évoquée car elle a tout simplement marqué toutes les générations de l'époque :

 

Lors de la procession, le jour de l’enterrement, mon cœur d’enfant se mit à battre de manière inattendue. Malgré moi, la mise en scène paternelle me faisait revivre les premières parties de cache-cache familiales. Tout en suivant le cortège, j’eus même un sourire tout en discutant avec mon père :

«Je t’ai retrouvé, plus la peine de te cacher », lui dis-je fièrement. Personne ne sortait de la cachette et le jeu allait devenir ennuyeux. Confronté à mon envie vaine de revenir à la réalité, de refouler le côté surréaliste et tellement triste de la situation, je finis par esquisser un rictus tout en abdiquant. Le jeu put ainsi reprendre et je m'y abandonnais : « quelle idée de se cacher, au milieu d’une foule pareille, dans une cabane en bois ?

- Cette cachette est mon cheval de Troie, me souffla-t-il alors que je tendais l’oreille pour mieux l’entendre. Personne d’autre que toi ne m’y trouvera.

- Tu es gentil mais cette histoire, tu me la racontais quand j’étais petit. Tu te crois malin ? La Vie te verra passer, elle te rattrapera et tu te feras sermonner, comme un gamin. Ce n’est pas la première fois que tu nous laisses, tu te rappelles de celle où tu m'avais promis de regarder la demi-finale de Séville et que tu avais été obligé de partir à la fin du temps réglementaire. Ca faisait une demi-heure qu’un touriste s’était arrêté chez nous pour que tu sortes sa voiture du fossé avec ton tracteur.

- oui, je m’en rappelle, tu penses bien. Je lui avais proposé de regarder le match avec nous. Il avait patienté toute la deuxième mi-temps mais si je lui avais dit qu’on attendait la fin des prolongations, il aurait pété un plomb, il détestait le foot.

- houai, tu étais revenu à la fin des penalties. Tu avais manqué les buts de Marius Trésor et d’Alain Giresse. J’étais resté à la longère avec les grands-parents. Simon était là et nous sautions de joie à chaque but, on se précipitait dans la cour pour nous jeter dans les bras de pépé et on demandait à mémé de prier pour que la France gagne. On faisait tellement de bruit que les grands-parents avaient fini par s’exiler sous la grange à une heure où habituellement il dormait depuis longtemps.

- et quand je suis arrivé, tu pleurais avec Simon. Moi aussi, j’étais triste, je venais de rater le match du siècle, la France l’avait perdu et le touriste m’avait à peine dit merci !»

 

A cet instant, un oncle bienveillant qui partageait ma tristesse me tapota dans le dos. Il me ramena à la réalité à laquelle je venais entièrement d'échapper. A présent, la mort subite de mon père me faisait vaciller et mes jambes me portaient difficilement. Je le revoyais très distinctement, sans doute pour la dernière fois et sans savoir pourquoi, l’ongle du pouce dans sa bouche, "son geste enfantin" selon ma mère. Sans que je ne puisse plus rien contrôler, mes larmes ne cessaient plus de couler.


Ce dialogue avec mon père se révélait grotesque. Pourtant, aujourd’hui encore, je parle avec lui. Nous conservons nos désaccords mais je sais qu’il approuve mes choix lorsqu’ils sont conformes à mes convictions.

 

Extrait Joseph Desbois, "Histoire guidée par les souvenirs magiques".

 

 

 

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le football est un art (1)

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Le football est un art (2)

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  Life's too good ! 

 

 

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commentaires

pierre 09/11/2011 17:19


le match de Séville représente un tas de souvenirs et d'émotions extraordinaires et très ... contrastés.


julien 02/11/2011 13:16


France - RFA, c'est le match du siècle !


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