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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 21:16

 

La grande Guerre (1). Le mythe de la guerre courte.  

 

 

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  Lien avec l'assaut dans les Sentiers de la gloire de Kubrick

 

 

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II – Une guerre consentie ou subie ?

 

 

Comment les sociétés européennes ont-elles supporté la violence née de la guerre ?

 

La Première Guerre mondiale fait aujourd’hui l’objet de nombreux films (Un long Dimanche de fiançailles, La Chambre des officiers, Joyeux Noël, etc.).

La brutalisation du conflit s'avère importante mais parfois niée. On parle davantage des trêves de Noël que de la violence du conflit.

 

 

 

La violence des conditions de vie

 

* les soldats

 

L’image des tranchées demeure aujourd’hui encore associée à la Première Guerre mondiale. Dés que cesse la guerre de mouvement, à la fin de l’année 1914, ce système défensif constitue le cœur du dispositif militaire des deux armées.

A travers les textes de poilus, on peut analyser l’organisation matérielle des tranchées et le type de combats : préparation intense d’artillerie et assaut par vagues qui se brisent sur des lignes de tranchées successives. Le vocabulaire se rapportant aux armes (mitrailleuses, artillerie, fusils, etc.) montre que la majeure partie des pertes est due à l’artillerie.

On peut également décrire le système des tranchées à l'aide du film de Kubrick, Les Sentiers de la Gloire. Il s’agit d’un système défensif organisé en quatre parties : une zone d’abri en retrait, une zone de repli, la zone d’assaut-défense et le no man’s land qui sépare les tranchées ennemies.

 

Les tranchées constituent durant trois années l’univers familier des poilus. Les conditions morales y sont d’une dureté extrême, la peur et la mort sont omniprésentes. Les témoignages évoquent une véritable déshumanisation et la mise en place d'une véritable culture de guerre. En 1916, pendant la guerre de position, l'écrivain Henri Barbusse publie ,Le Feu. Ce texte qui dévoile l’horreur des combats suscite de nombreuses questions : les soldats agissent-ils  avec consentement ou sous la contrainte ? comment les soldats ont-ils pu tenir dans les tranchées ?

Le courage, la virilité et la solidarité peuvent expliquer la survie des soldats. Le nom même des soldats de la Première Guerre mondiale, les poilus, provient de l'expression "avoir du poil", c'est-à-dire être courageux. Les soldats qui adhérent à la culture de guerre vivent avec la volonté de venger des camarades morts, la haine de l’ennemi ou encore l'exigence de défendre  sa famille et sa patrie.

 

Ce lien permet d'appréhender les conditions de vie dans les tranchées http://www.museedelaguerre.canada

 

* les civils

 

Les populations civiles sont doublement touchées par les combats : d’une part, elles ne sont plus épargnées par les troupes militaires (certaines villes sont détruites), d’autre part, l’économie est touchée et l’inflation est galopante. Les emprunts contractés par l’Etat et la pénurie favorisent l’augmentation des prix.

 

 

 

Moyens et formes de consentement ou contrainte

 

* le patriotisme et la propagande

 

Une publicité

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affiche publictaire, 1918 (Musée de Péronne)

Cette publicité a pour fonction de vendre un produit mais elle utilise la guerre pour parvenir à ses fins. L’ensemble de la population est concernée et l’encadrement des masses se révèle total.

 

 

 

 

 

 

La prière du soldat

prieresoldat15.png

Ce document est une carte postale. Elle est réalisée en 1915 lorsque la guerre de position s’installe. La vie dans les tranchées s’organise.

L’auteur qui serait un combattant anonyme voue un véritable culte au général Joffre, le vainqueur de la bataille de la Marne. Il compose une prière sur le modèle de « Notre père ». Il s’agit d’un document de propagande destiné à circuler parmi la population française.

 

On perçoit cinq plans différents. Le premier est céleste et les quatre autres sont terrestres.

Le premier plan montre la figure du général Joffre au milieu de la Légion d’honneur. L’auteur affirme son caractère sacré. Un mitrailleur touche un second avion dont le pilote est en chute libre.

Au second plan, un combat individuel oppose un fantassin français couché dont le tir touche un Allemand qui perd son casque. Sa chute est associée à celle du pilote d’avion.

Au troisième plan, les troupes allemandes sont décimées par une explosion du canon 75.

Le quatrième plan rappelle la bataille de la Marne qui marque l’arrêt de l’offensive allemande (on perçoit Notre-Dame à l’arrière-plan).

Le dernier plan symbolise la victoire du bien sur le mal. La prière fait de Joffre un véritable Dieu chargé d’amener les Français vers la victoire, c’est-à-dire de faire vaincre le bien sur le mal.

 

 

  

* la crise de 1917 et la lassitude à l’égard du conflit

 

La Chanson de Craonne

 

Sur le front Est, on assiste à des scènes de fraternisation entre soldats russes et allemands.

A l’arrière, les grèves se multiplient. En Russie, l’agitation révolutionnaire se fait déjà sentir.

En 1917, les déceptions et les souffrances entraînent une grave crise morale. Des mutineries naissent comme sur le chemin des Dames.

 

 

 

En France, les populations civiles et militaires partagent une vision commune du conflit : la guerre est due à l’envahisseur allemand. Il s’agit de défendre la patrie, la République et donc la liberté. La publicité et la presse véhiculent ces valeurs par le biais de la propagande. 

La culture de guerre qui repose sur l’union de la nation imprègne la population européenne. Il s’agit d’une combinaison des traditions et des circonstances. L’Union sacrée montre une forme de consentement des Français à l’égard du conflit.

Les valeurs de la guerre sont véhiculées par la propagande. Néanmoins, son succès montre que l’opinion publique y adhère. Les journaux, la censure, la pénurie ou encore les viols révèlent le bourrage des crânes et la brutalisation des esprits.

Toutefois, la lassitude d’une partie des Français se révèle à travers les mutineries et les grèves mais ce sentiment n’est pas général.

 

 

 

La Grande Guerre (3). Cette Première Guerre est-elle la matrice « du siècle de fer » ?

 

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  Life's too good !

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commentaires

HDA 26/04/2014 09:34

Bonjour,
J'étudie cette affiche pour l'Histoire des Arts. Je voulais me renseigner un peu plus sur la provenance de cette affiche publicitaire. Quel est son auteur ?

Merci (beaucoup!) d'avance pour la réponse,
Cordialement,
H.D.A.

Anne 09/02/2014 18:22

J'aimerai avoir des informations sur l'affiche du cirage papillon noir (Date, auteur...) Pourriez-vous en donner?

1492 17/02/2014 14:27

Bonjour,
cette affiche publicitaire qui date de l'année 1918 provient de Péronne et de son musée de la Première Guerre mondiale
Veuillez m'excuser pour cette réponse tardive
Cordialement

Sarah 05/02/2014 14:31

Bonjour,
Je trouve l'affiche pour le cirage Papillon Noir très belle. Où l'avez-vous trouvé ? Savez-vous de quand elle date ?
Merci d'avance pour votre réponse,
Cordialement,
Sarah

Sarah 24/02/2014 15:42

Merci beaucoup pour votre réponse !
Cordialement

1492 17/02/2014 14:26

Bonjour,
cette affiche publicitaire qui date de l'année 1918 provient de Péronne et de son musée de la Première Guerre mondiale
Veuillez m'excuser pour cette réponse pour le moins tardive
Cordialement

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